Par Alberto García Sánchez

Théâtre-Récit / Tout public à partir de 10 ans

Durée : 1H15
Où et quand ? : Vendredi 17 juin à la MA-AT d'Arcachon

« Face à la création d'un spectacle, il y a, normalement, deux questions qui sont très présentes tout au long du processus d'écriture.
La première : qu'est-ce que je vais raconter ?
Et la deuxième : comment vais-je le raconter ?
C'est-à-dire le quoi et le comment.

 

Au départ, Le septième jour devait parler de la lutte des classes et dans ce sens, j’avais imaginé une création qui répondait au quoi et au comment. Mais à peine ai-je commencé à prendre mes premières notes et à structurer une dramaturgie, que la crise du Coronavirus est arrivée en bouleversant nos vies, nos habitudes et, bien sûr, le processus d'écriture de ce spectacle.

Les arts de la scène, comme tant d'autres activités, ont subi un arrêt foudroyant et brutal à partir du mois de mars 2020. Du jour au lendemain, il n'était plus question de se retrouver pour raconter une histoire et de nombreux festivals de conte ont été annulés. J'ai reçu des messages de collègues me disant que c'était la fin de notre métier… Au-revoir l'art vivant ! C'est fini le conte ! C'est fini le théâtre ! Il y en avait même qui assuraient que cette crise sanitaire avait été conçue exprès pour en finir avec tous les arts…

Pour moi c'était clair : il fallait prendre son mal en patience, car ce n’était certainement pas la fin de ce métier, ni du rôle de l'art dans nos vies. Je me suis dit que, franchement, si l'art contemporain n'avait pas pu en finir avec l'art, ce n’était pas un virus qui allait le faire ! L'art de raconter des histoires est loin de s'arrêter parce que...
Je suis resté suspendu à ce « parce que » avec une question en tête : pourquoi l'art de raconter des histoires est-il loin de prendre fin ?

J'ai voulu continuer à écrire Le septième jour guidé par mon quoi et mon comment, mais voilà que le « pourquoi » est entré en jeu. Il a pris une telle importance qu'il a troublé mon écriture, si bien que dès que je me mettais à écrire, mon récit cherchait, d'une manière ou d'une autre, à répondre à la question « pourquoi ? ». Avons-nous besoin de l'art ? Pourquoi ? De la peinture ? Pourquoi ? De l'art du conte ? Pourquoi ?

Le septième jour nous invite à réfléchir sur le rôle de l'art dans nos vies à travers des histoires à caractère comique et poétique. Ces histoires nous parlent des inégalités sociales actuelles, mais indéniablement, c'est l'art de la parole qui a pris la parole pour devenir le noyau de ce spectacle. Le septième jour nous embarque dans un voyage qui explore les raisons pour lesquelles, depuis la nuit des temps et dans toutes les cultures, les êtres humains s'obstinent à se raconter des histoires. »

Alberto García Sánchez

 

Quelques mots sur Alberto Garcia Sanchez :
Alberto Garcia Sanchez est un conteur incontournable sur la scène internationale francophone. Mais il est avant tout un comédien et metteur en scène (Molière décerné en 2011) qui écrit.
Son parcours commence à Barcelone où il est né, sous l’influence du théâtre catalan après la chute de la dictature franquiste. Engagé dans la vie sociale et politique, il participe à de nombreux festivals internationaux de théâtre en Espagne et en Amérique latine. Il crée des activités culturelles dans les prisons, dans les écoles, dans le cadre du mouvement citoyen de sa ville et s’engage comme comédien-brigadiste dans la révolution sandiniste au Nicaragua.

En 1991, il quitte Barcelone pour suivre la formation de l’Ecole Internationale de Théâtre Lassaad à Bruxelles. Il apprend à connaître et à maîtriser les différents genres de théâtre : la tragédie grecque, la Comédia dell’Arte, le bouffon, le clown, le conte et le mélodrame. En parallèle, il anime des ateliers de formations dans le milieu pénitencier belge. Fruit de cet engagement naquit en lui l’idée de jouer les spectacles de Dario Fo Johan Padan à la découverte des Amériques et Mistero Buffo, qu’il joue en solo en Europe, en Amérique et en Afrique.

Enfin, Alberto García Sanchez s’intéresse beaucoup à l’art du conte. Le théâtre contemporain lui semble se perdre dans les artifices, le conte, lui, est par définition un art dépourvu d’artefacts.

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